
le convoi
trains de vie
Douze bâches et trois panneaux, de la vue du ciel de 1931 aux petits-enfants : la Cité du Nord défile comme un train.
Les habitant·es ont validé les photographies et décidé de ce qui se racontait, dans quel ordre et jusqu’où. Sur ce que la cité est devenue, ils ne sont pas d’accord entre eux, et l’exposition le fait entendre. Une chose fait l’unanimité : parce que le mot « cité » valait des refus d’école et d’embauche, on l’a retiré des papiers, et la cité du nord est devenue le 1, rue Pierre-Sémard.
- où
- Cité du Nord, Drancy
- quand
- 2026
- quoi
- « trains de vie », exposition photographique et création sonore : douze bâches et trois panneaux, avec des archives, dont une vue du ciel de 1931.
- avec
- Centre social municipal de Drancy
le convoi
quinze voitures, de 1931 à aujourd’hui
voiture
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les papas de la cité
Meïté Bouaké, Diallo Macka et Mamadou Ballo font partie de l’association des familles de la cité du nord. Chaque semaine, on peut les retrouver au centre social pour le café des familles.
les papas de la cité
meïté
« Je suis arrivé ici parce que ma femme travaillait à la SNCF, donc on a fait une demande de logement et je regrette pas. Je suis trop bien ici ! Je suis vraiment bien à Drancy, on est tranquille. Et puis on a beaucoup d’amis, on a le café des parents, on a créé notre association à la cité… c’est moi le secrétaire général ».
simbara
« J’ai commencé à travailler à la cité du nord en 2011. On m’avait dit que ça craignait mais quand je suis arrivé, j’ai été super bien accueilli. Le premier jour j’étais habillé en costard cravate, ça a bien fait rire les gens… Du coup le lendemain je me suis calmé sur la tenue vestimentaire ».
voiture
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la gare depuis la cité
« Les gens disaient : il ne faut pas passer là, on peut se faire attraper dans la cité. Moi j’avançais. Quand je commençais à monter la montée, je marchais très, très vite. » « Je la prenais quand il n’y avait ni caméra, ni lumière. » « J’avais un chariot assez lourd avec les bottins de la poste à distribuer. Il y a des gens qui me disaient de ne pas venir, que c’était sensible. Moi je n’écoutais pas. Et personne ne faisait rien du tout. »
depuis le ciel, 1931
voiture
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les femmes du nord
Là depuis longtemps, ou simplement de passage, les femmes de la Cité du Nord se retrouvent régulièrement au centre social municipal pour participer aux activités proposées par Nadyne.
les femmes du nord
jamila
« La cité fait partie du quotidien de ma mère, elle passe devant pour aller travailler tous les jours. Elle m’y amenait quand j’étais petite : j’allais chez ma tante, je jouais en bas du bâtiment N et j’allais acheter des barquettes au chocolat au Franprix. Adolescente, j’allais réviser à la médiathèque juste derrière : on se donnait rendez-vous devant la cité pour prendre le 143 et rentrer à la maison. »
archive
voiture
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l’été des papas
« Prends-nous en photo par ici, devant notre centre social »
le café des parents
Chaque semaine, des habitants se retrouvent un matin autour d’un café. Ils vont et viennent dans le centre social municipal, ils discutent du quartier, de leur quotidien, de tout et de rien. Ils s’y passent un tas de choses insignifiantes qui me fascinent : la façon dont l’espace s’organise, les murmures, les exclamations, les petits sachets que l’on s’échange, les coups de main qu’on se donne, les nouvelles qu’on se partage. Lors de nos conversations, j’ai senti la mémoire se déplier au fur et à mesure : des années 80 à aujourd’hui, de leur arrivée à leurs petits-enfants, nous avons partagé ce qui nous lie à Drancy, à la cité du nord et à ce territoire.
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qamis d’été
Meïté Bouaké, Diallo Macka et Mamadou Ballo font partie de l’association des familles de la cité du nord. Chaque semaine, on peut les retrouver au centre social pour le café des familles.
« On est arrivés ici en 1980. On est des enfants de cheminots. Nos papas étaient agents de la SNCF. » « Il y avait une forte communauté marocaine, comme nous. C’était les contractuels qu’on a fait venir du Maroc. La SNCF, parmi d’autres sociétés, avait besoin de main-d’oeuvre. À la fin des années 60 et début 70, ils sont partis au Maroc ramener de la main-d’oeuvre, dont sont issus la plupart de nos parents. » « On les réunissait pratiquement tous à Casablanca. Ils avaient des choses à passer, côté médical. Et puis quand ils étaient acceptés, on les faisait voyager pour venir ici. »
abdoulaye
Abdoulaye arrive souvent en retard au café des parents. Mais il amène souvent des biscuits, donc ça fait plaisir à tout le monde. Des fois, il a un livre à la main aussi. La dernière fois, c’était « La mafia des cités. Économie souterraine et crime organisé dans les banlieues » de Jérôme Pierrat.
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archive
archive
dominique
« Avant sur l’avenue Marceau, juste à côté, on avait tout sous la main : des magasins, des boulangers, marchands de chaussures, quincailliers, teinturiers, marchands de poisson… c’était énorme, mais maintenant y’a beaucoup moins de choses » ; « Drancy change beaucoup : et quand ils font tomber des maisons en meulière, ça m’attriste toujours. Vous savez ici c’est le quartier paris-campagne et c’est vraiment comme un village ».
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manger · bouger
manger · bouger
Il est 9h45 et Nadyne dit « allez allez on se met en mouvement, vous me suivez ! ». Elle lance de la musique, motive chaque femme, montre un geste, aide une participante. Elle déborde d’énergie. 1h plus tard, je la retrouve au centre en train de préparer le repas du midi avec les habitantes. Elles se partagent une recette, rigolent, discutent.
voiture
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archive
La cité du nord est née avec le développement du chemin de fer à Drancy. Créée à la fin du 19ème siècle par la compagnie des chemins de fer du nord, elle accueille alors les cheminots à proximité de la gare de triage, dans des pavillons avec jardins. À partir des années 1960, ces pavillons sont progressivement remplacés par des logements collectifs, qui seront rénovés dans les années 2010. À quelques pas de la cité, la gare de RER B du Bourget prolonge cette histoire ferroviaire. La ligne traverse la cité autant qu’elle la relie : une ligne de passage, empruntée chaque jour par des habitants de toute l’Île-de-France.
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« Aujourd’hui, tu me donnes une maison même à Paris, je n’irai pas. Parce que je suis habitué ici. On est ensemble, on a des associations, on s’aide, on se voit tout le temps. » « Les gens ici, c’est comme s’ils formaient une famille. C’est ça que j’aime. Quand on sort d’ici, on se sent vraiment bien. »













































